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L'escalier de pierre
La tour de gauche du bâtiment principal abrite un escalier en vis
menant au premier étage et dont les marches rayonnantes en grès
gris forment par empilage un noyau principal virtuel mouluré et
torsadé (photo). Les vingt-quatre marches portent les
marques de tâcheron (photo en haut à droite), signes
gravés par les tailleurs de pierre en guise de signature, afin de
pouvoir recevoir leurs salaires à la fin de la semaine de travail,
en fonction du nombre de pierres taillées.
u Le
décor intérieur
Les appartements comprennent une quinzaine de pièces dont une de
grandes dimensions qui fut cloisonnée au XVIIIe
siècle.
Le décor intérieur d'origine, qui était intégralement masqué
sous les enduits, plâtres, coffrages ou boiseries des XVIIIe et XIXe
siècles, a pu être dégagé dans la majorité des pièces. Ce décor
consiste en plafonds à la française en chêne mouluré et
parfois sculpté, et en peintures murales a secco
entourant la quasi-totalité des portes et fenêtres du bâtiment
principal, et se détachant sur le fond blanc des murs.

Deux
pièces particulièrement ont reçu à l'époque le décor le plus riche.
Les grandes poutres y sont sculptées de frises, de cordonnets et
d'entrelacs, compris entre de vigoureuses moulurations (photos).
La
pièce
du rez-de-chaussée est ornée, autour des fenêtres, d'encadrements en
trompe l'œil d'architecture,
les ébrasements étant décorés de trompe-l’œil de "cuirs" gris bleu à
"clous" jaunes se détachant sur fond rouge et dessinant des motifs
fort variés, au-dessus de soubassements en forme de grands losanges
beige sur fond rouge également (photo de gauche).

La composition de l'encadrement de la porte (photo de
droite) est particulièrement intéressante avec ses deux grandes
consoles à enroulements supportant un fronton mouluré. De l’autre
côté de cette porte, donc côté couloir, on remarque un autre
trompe-l'œil d'architecture comportant les vestiges d'une date,
discernables seulement dans la partie droite: 81. Il est évident
qu'il s'agissait de la date 1581, tout à fait compatible avec
celle de 1577 déjà indiquée par le portail intérieur de la tour
d'entrée.
Au
premier étage, la grande pièce (65 m2) est caractérisée par des coloris où
dominent les jaunes ocre, les gris bleu et les gris beige, et où les
"cuirs" encadrant les ébrasements de fenêtres et la porte sont d'une
taille tout à fait insolite et d'une complexité défiant la
description.
La tour de droite abrite deux petites pièces annexes en rotonde et
voûtées d'ogives. Celle du premier étage était décorée de rinceaux
feuillus à enroulements (photo).
Ces décors ne sont certes pas d'une main très habile. Ils ont été de
plus très maltraités depuis le XVIIIe siècle. Criblés de trous pour
faire adhérer les enduits postérieurs en maints endroits, à demi
effacés dans d'autres, bien conservés en de rares parties seulement,
ils n'en constituent pas moins un document assez rare sur la manière
dont on concevait, vers 1580, l'aménagement intérieur d'un petit
château, selon un goût fort répandu alors, dans la région mais aussi
dans toute l'Europe centrale, et dont il ne reste que très peu
d'exemples en France.
Grâce un travail minutieux et patient de restauration, les peintures
murales et les plafonds à la française, protégés désormais par leur
inscription à l'inventaire supplémentaire des Monuments Historiques
en 2003, renaissent petit à petit.